TOGO 2013

lundi 24 février 2014
par  joseph
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MISSION TOGO 2013 28/10 au 14/11

Objectifs :
Poursuivre l’action sur les dispensaires d’Ahépé et Kpomé-Akadjamé.
Envisager une nouvelle organisation pour Denou.
En effet nous ne pouvons que constater que nos interventions sur Denou sont restées sans effet et qu’il nous faut mettre en place d’autres stratégies.
Nous allons donc nous rendre au dispensaire de Danyipémé dont dépend Denou et tenter de mettre en place une action.
Pour la première fois un Kinésithérapeute se joint à notre équipe. Son rôle sera de tenter d’améliorer les différents état algiques et déficits que nous rencontrons.
Nous allons également renforcer et étendre notre partenariat avec les hôpitaux voisins.

L’équipe :
Médecins : Yvonne Joncour / Jeanne Meslier de Rocan / Jacques Scohy / Michelle Terrisse
Infirmières : Agnès Cougnaud / Héléne Fernnandez
Dentiste : Bernard Morant
Kiné : Joseph Khayat
Pour Afagnan : Marie Claude Sarran en poste aux urgences est notre relais avec l’Hôpital.
Accompagnatrice et logisticienne : Vanessa Godquin
Chargée par notre partenaire et employeur, Cannes Bel Age, de faire un reportage sur la mission.

Déroulement de la mission
• AHEPE
Arrivée le 28 avec 2 heures de retard mais tous nos amis sont là. Installation dans notre logement à Ahépé vers 1h du matin.
Le 29/10 au matin installation dans le nouveau dispensaire construit depuis 2 ans et qui vient d’être connecter à l’électricité grâce à Paulin.
En fait tout le dispensaire s’installe en même temps que nous ce qui entraine quelques perturbations.
Les locaux sont vastes et propres. Nous avons chacun un bureau avec clim, quand elle veut bien marcher.
Il y a aussi les aléas de l’électricité qui en général coupe, à la tombée de la nuit….
Chacun de nous est assisté par un membre du personnel du dispensaire : assistant, infirmiers, agents de santé, sage-femme.
Nous consultons du 29/ 10 au 4/11. Nous voyons 930 patients.
Beaucoup de pathologies lourdes. Plus que les autres années.
Peut - être notre venue est elle mieux connue et utilisée.
A noter beaucoup de palus graves et de dénutritions sévères chez l’enfant.
A noter qu’il n’y a rien au dispensaire pour prendre en charge les palus graves de l’enfant et les dénutritions
Quelques essais infructueux de réduction de prolapsus par balle de ping-pong.
6 cas de VIH détectés grâce à nos tests rapides.
Au total c’est 24 patients qui seront orientés vers les hôpitaux avec lesquels nous avons des accords de prise en charge.

• KPOME
Du 5 au 9/11
Mr Agogno a fait installer l’électricité dans le dispensaire et un abri de palmes en guise de salle d’attente.
Opportune, l’infirmière avec qui nous travaillons depuis de années a été déplacée et nous sommes accueillis par un jeune infirmier, Sylvain, et une nouvelle matrone, Elle.
Comme il n’y a pas assez de postes de consultation Jo va être installé dans une case en palmes construite en
Une heure…
364 patients vus avec là encore des pathologies lourdes, en particuliers quelques ostéites
poly-fistulisées d’origine X.
9 patients orientés vers les hôpitaux.
Le séjour se termine par une cérémonie de remerciements avec danse et cadeaux.

Et la promesse d’un nouveau dispensaire pour 2014

• LES PLATEAUX
Le 9 / 11 Michelle et Bernard nous quittent et nous partons pour Kpalimé.
Le 10 / 11journée de repos bien méritée.
Le 11 / 11 en route pour Danyipémé.
Nous avons rendez vous au gros dispensaire dont dépend Denou.
Nous sommes accueillis par Hubert, le médecin directeur préfectoral.
Nous lui exposons notre projet pour 2014 : Installer la mission dans ce dispensaire qui est bien équipé en examens para-cliniques et y faire venir les malades de Denou. Proposition bien accueillie.
On nous promet la nomination rapide d’un infirmier à Denou et c’est avec lui et Hubert que nous élaborerons le projet.
Nous visitons un superbe dispensaire - hôpital en construction qui devra remplacer le dispensaire actuel.
Nous nous rendons ensuite à Denou ; nous avons prévenu qu’il n’y aurait pas de consultation.
Jacques et Hélène vont quand même voir 3 malades, des plaies très évoluées qui ne sont jamais allées consulter au dispensaire du plateau pourtant à moins d’une heure de piste…

Nous voyons la pseudarthrose de l’an denier que l’hôpital de Kpalimé n’a jamais pris en charge.
Entrevue assez rude avec les notables locaux. Nous leur disons notre déception par rapport au travail entrepris avec eux et leur faisons part de notre projet pour 2014.
Au retour nous nous arrêtons à l’hôpital de Tsiko où nous avons une entrevue avec la directrice. Après discussion elle consent à signer une convention de partenariat. A ce jour pourtant rien n’est encore fait.
Le 12 / 11rendez vous avec le directeur de l’Hôpital de Kpalimé afin de mettre au clair le problème de la non prise en charge des malades que nous avions adressés l’an dernier et l’avance de 200 €.
Après une discussion assez houleuse le problème parait résolu.
Nous repartons vers Lomé pour un RV avec le Directeur du CHU Campus, seul hôpital qui prend en charge la Neuro en vue de la mise en place d’une convention.
Accueil très chaleureux. Le lendemain nous signons la convention.
Puis retour en France.

NOS CONTACTS :
- Visite à l’hôpital de Tsévié. Accueil chaleureux de la directrice et directrice adjointe. Nous affinons nos procédures de collaboration. Hélène est invitée à passer ½ journée à l’hôpital pour échange de savoir sur les pansements.
Michelle se joint à elle pour voir ce qui se fait dans le service de pédiatrie à propos de dénutrition.
- Rendez vous à l’Hôpital de Kpalimé afin de régler quelques problèmes dans l’accueil des patients que nous avions orientés en 2012
- Rendez vous avec la Directrice de l’Hôpital de Tsiko pour mises en place d’une convention de partenariat.
- Rendez vous avec le Directeur du CHU Campus. Signature d’une convention.
A signaler aussi :
La visite du frère du Président qui nous affirme son soutien et son aide, entre autre pour le dédouanement de futurs containers.

Les points positifs :
Chaque dispensaire a été prévenu de notre venue par le Ministère de la Santé Togolais.
Contact téléphonique positif avec l’Ambassade de France.
A Ahépé :
La gentillesse et l’efficacité de Paulin Assignon qui ne se dément pas depuis 8 ans.
Les nouveaux locaux, vastes et fonctionnels.
Le personnel du dispensaire, présent et efficace.
A Kpomé :
Le dispensaire bien entretenu et bénéficiant de l’électricité grâce à Messan Agogno, le bienfaiteur du village.
L’arrivée d’un infirmier et d’une matrone motivés.
L’espoir d’un dispensaire neuf l’an prochain.
De façon générale un réseau qui fonctionne de mieux en mieux pour le bénéfice de nos patients.
Les points négatifs :
Les difficultés de compréhension réciproque avec l’Assistant de Ahépé et son manque d’efficacité.
La difficulté à obtenir que les patients viennent avec leur dossier ou carnet quand ils en ont un.
Et toujours le problème de Denou.

EN CONCLUSION

Une mission satisfaisante à tous points de vue. L’action de Terre d’Azur est reconnue à la fois par la population et les autorités sanitaires. Les conditions de travail s’améliorent d’année en année. Il nous semble être de plus en plus efficace.
Et comme toujours une équipe motivée et disponible.
Une mention spéciale pour la nouvelle venue à Terre d’Azur, notre logisticienne Vanessa.
Pour un coup d’essai ce fut un coup de maitre.

ACTIVITE DENTAIRE Rapport de Bernard Morant

• Je peux dire que pour ma part ce fut ce fut une bonne mission tant sur le plan médical que sur le plan humain.
• Bravo à Vanessa pour son travail, sa disponibilité et sa gentillesse
• Merci à Jeanne et à tout le groupe de m’avoir supporté pendant vingt jours, comme chaque année
• J’espère que l’année prochaine je pourrai disposer d’un vrai fauteuil dentaire !
• Je pense que je maintiendrai pour la prochaine mission cinq à six jours pleins à Hahépé, ceux – ci seront bien remplis
• En ce qui concerne Kpomé, trois jours de travail me semblent suffisants
• Nombre de patients : 159 soit 26 hommes et 133 femmes
• Age : 7 de 6 à 17 ans / 51 de 18 à 39 ans / 100 de 40 ans et plus
• Extraction : 18 incisives et canines / 45 pré molaires / 128 molaires et dents de sagesse

ACTVITE KINE Rapport de Joseph Khayat

Les patients se présentant avec des troubles musculo squelettiques (TMS) ou des douleurs diffuses (« mal partout ») m’étaient systématiquement envoyés. Ses troubles sont souvent la conséquence d’un travail pénible (« travail aux champs ») ou au port de charges importantes sur la tête.
• Quand ces troubles sont avérés : mobilisation passive et active pour lever les blocages, conseils d’hygiène, d’ergonomie et auto – traitement (traduit, expliqués et illustrés par les affiches de l’Institut National de Recherche et de Sécurité - INRS) avec un exemplaire flyers. + Antalgiques et anti-inflammatoires (AINS) en petite quantité.
• Lorsque d’autres troubles sont repérés à l’examen et l’interrogatoire (HTA, palu, parasitose, séquelle d’accident non ou mal traités ces patients sont réorientés vers les médecins.
• Le nombre de patients traités est d’environ 160 pour les deux dispensaires
• Collaboration intéressante à Ahépé avec un élève infirmier.

POINT DE VUE INFIRMIER Rapport de Hélène Fernandez
Si nous faisons le bilan depuis nos premières interventions, nous pouvons évaluer les améliorations, tant au niveau de la propreté, du diagnostic, de la prise en charge des pathologies lourdes et du suivi (grâce à l’implication des référents et du lien avec Jeanne, le chef de mission.), l’éducation et le suivi des prises médicamenteuses, la technique et le suivi des pansements lourds et des soins chroniques.
L’évolution est aussi visible tant pour la population en matière d’éducation mais aussi du comportement, (elle vient de plus en plus consulter pour de vrais pathologies et moins de
« bobologies ») ; que pour les professionnels, qui commencent à s’intéresser aux soins infirmiers ? Et qui ont pourtant encore, beaucoup d’effort à faire en matière d’hygiène, de propreté des locaux et du matériel.

L’évolution est aussi importante pour nous ; non seulement en matière d’organisation, de contacts, de partenariats mais aussi une meilleure connaissance des pathologies tropicales, et pour nous infirmiers une meilleure approche des soins infirmiers, et de soins locaux les plus fréquemment rencontrés.
Compte tenu des moyens, ressources, habitudes et culture de la population, on peut considérer le soin comme complexe et qui demande des adaptations .tant au niveau de la pratique du soin (hygiène, asepsie, qualité de l’eau), des us et coutumes et du coût financier pour le patient. C’est aussi pour cela qu’il y a autant de pathologies et plaies infectieuses négligées avec des prises en charges tardives et un manque de suivi.
Cette année, nous avons mis l’accent sur : le dépistage (palu, VIH, tuberculose ,diabète) ,— la prévention , l’éducation du patient lors d’accès de paludisme simple ou grave chez l’enfant lors d’ infection respiratoire, l’éducation et la formation des mamans sur le nettoyage du nez, l’ asthme, la malnutrition infantile aigue et chronique est prépondérante, l’allaitement des nouveau né et l’introduction d’alimentation restent un cap difficile pour l’enfant de 6 à 8 mois. Les maladies diarrhéiques sont fréquentes , nous insistons sur le lavage des mains et l’utilisation de SRO.
Priorités et pistes pour les années à venir.
1 / Pour les infirmières et agents de sante communautaires :- un travail de sensibilisation sur- l’hygiène et l’entretien des locaux et l’asepsie » ILS ONT MAINTENANT UN BON OUTIL DE TRAVAIL/ UN DISPENSAIRE NEUF ET EQUIPE A AHEPE ET UN FUTUR A KPOME ce qui induit un changement de comportement et d’organisation
2 / continuer les actions :
-  sur la prise en charge précoce et correcte des plaies négligées et des plaies chroniques ; pour éviter comme à Denou que le buruli arrive a un stade avancé et invalidant
-  plus de suivi a la naissance, sur l’allaitement et prises alimentaires, chez les enfants fragiles, jumeaux, qui se suivent et les familles pauvres .
3 / prévention centrée sur l’éducation de la population, en organisant des causeries avec des thèmes sur les fondamentaux de base, facile à mettre en application dans chaque foyer.
4 / sensibilisation mère, enfant.